Comment rédiger et présenter un dossier de presse ?

Comment rédiger et présenter un dossier de presse ?

Vous aimez cet article ? Partagez-le !
  • 54
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    54
    Partages

L’exercice du dossier de presse peut sembler périlleux car il faut attiser la curiosité des journalistes sans pour autant survendre votre entreprise ou vos produits/services.
Les journalistes reçoivent des dizaines de dossiers de presse tous les mois et beaucoup finissent à la corbeille, soit parce que le sujet ne les intéresse pas, soit parce que les informations procurées ne leur permettent pas de travailler facilement.
Dans l’idéal, il faudrait construire un dossier de presse comme l’on fabrique une dépêche AFP (ces informations si souvent reprises « telles quelles » dans les différents médias). Pour vous le montrer, voici l’exemple d’une dépêche AFP tombée au moment où j’écris ces lignes :

 

Thales s’offre Gemalto pour créer un géant de la sécurité digitale

Le groupe d’électronique Thales, a annoncé dimanche l’acquisition de Gemalto, le numéro un des cartes SIM, afin de devenir « leader mondial » de la sécurité numérique, dans un communiqué.
L’acquisition a été réalisée au prix de 51 euros par action, après le rejet par Gemalto d’une offre inférieure d’Atos mercredi. Cette transaction valorise le spécialiste des cartes à puces à environ 4,8 milliards d’euros, contre 4,3 milliards pour l’offre d’Atos.
Thales et Gemalto veulent ainsi présider à la « création d’un leader mondial du marché en croissance rapide de la sécurité digitale ».
Le patron de Thales, un groupe spécialisé dans la sécurité, les transports, le spatial, ou encore la défense et qui pèse environ 18 milliards d’euros, dit « accueillir chaleureusement les 15.000 employés » de Gemalto au sein de son groupe.
« L’acquisition de Gemalto marque une étape clé dans la mise en œuvre de la stratégie de Thales. Avec l’équipe de direction de Gemalto, nous avons de grandes ambitions fondées sur une vision partagée de la transformation numérique de nos métiers et de nos clients », a déclaré Patrice Caine, PDG de Thales, cité dans le communiqué.
De son côté, Philippe Vallée, directeur général de Gemalto, également cité, a ajouté avoir « la conviction que l’arrivée de Gemalto au sein de Thales est le choix le plus porteur et le plus pertinent pour (son) entreprise, ses collaborateurs, ses clients, ses actionnaires et ses autres parties prenantes ».
Les deux entreprises précisent toutefois qu’elles « peuvent résilier l’accord de rapprochement si un tiers fait une offre que le conseil d’administration de Gemalto… considèrerait comme étant significativement plus favorable que l’offre de Thales et qui serait formulée à un prix supérieur d’au moins 9% au prix offert par Thales ».
Gemalto est né en 2006 de la fusion de Gemplus (pionnier français de la carte à puce, inventée par Roland Moreno) et d’Axalto (fruit de la fusion des activités cartes à puce de Bull et de Schlumberger).
Numéro un mondial des cartes SIM, le groupe attend maintenant le décollage de l’e-SIM (une carte intégrée aux appareils) pour rebondir sur ce marché saturé, tandis qu’il s’est cassé les dents sur la bulle du marché américain des cartes bancaires à puce.

 

Plusieurs choses remarquables sont à noter :

  1. Le titre ne souffre d’aucune ambiguïté. Il donne l’information principale de manière on ne peut plus claire.
  2. Le premier paragraphe n’est qu’une redite de l’information donnée dans le titre.
  3. Les paragraphes suivants ne sont là que pour répondre aux 5 questions de base auxquelles est censé répondre un article de presse : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ?

Ici :
Qui = Thalès et Gemalto
Quoi : rachat de Gemalto par Thalès
Quand : dimanche dernier
Où : la question n’a ici pas grand intérêt
Pourquoi : pour devenir le numéro 1 mondial de la sécurité numérique

 

Vous remarquerez que les réponses à ces questions sont présentes dès le premier paragraphe. C’est ce que l’on appelle la structure de la pyramide inversée. Les infos les plus importantes sont données tout de suite. La suite du communiqué n’est là que pour détailler certains points, de plus en en plus anecdotiques au fil de la dépêche.

Cela a une double utilité :

  1. Un journaliste débordé pourra se contenter de simplement reproduire le début du texte, le passant tel quel sans donc en brouiller le message.
  2. Si l’un des paragraphes annexes l’intéresse, il pourra toujours l’intégrer à la suite de l’info principale.

 

Cette structure en pyramide inversée est aussi celle qu’il faut utiliser pour un dossier de presse. L’idée est de fournir le plus rapidement possible l’ensemble des informations dont le journaliste a besoin. Plus l’info sera claire, complète et bien rédigée, et plus le journaliste aura tendance à faire un simple copié/collé de votre communiqué.

 

 

Mais pour cela, il faut respecter deux règles simples : la réponse aux « Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Pourquoi ? » et respecter les techniques rédactionnelles de base.

Il est contreproductif de survendre votre entreprise ou vos produits/services. Il n’y a rien de plus agaçant pour un journaliste d’avoir l’impression de lire un encart publicitaire. Le dossier de presse doit être une aide pour le journaliste, rien d’autre.

Il existe deux sortes de dossiers de presse :

  • Celui qui vante les mérites d’une entreprise et va donc détailler l’ensemble de ses activités.
  • Celui qui met en avant un nouveau produit ou service.

Au fond, la différence est maigre. Dans le premier cas, le contenu sera simplement plus fourni. Mais tentez de faire en sorte que chaque information ne dépasse pas une page dactylographiée et soit toujours rédigée sous la structure de la pyramide inversée.

 

 

Exemple d’un communiqué de presse mal rédigé

Voici l’exemple d’un communiqué de presse mal rédigé, lui-même assorti d’un dossier de presse qui laisse à désirer. Ils concernent une société innovante en matière de e-commerce :

Le communiqué de presse

Le dossier de presse

Pourquoi est-ce un mauvais exemple ?

Parce que le texte est trop vague, pas assez structuré, limite anxiogène. Et je ne parle même pas de la référence au Lego, qui bien que sympathique, n’est pas assez parlante. Du coup, il est nécessaire de visionner la vidéo pour mieux comprendre le sujet. Or le texte ne donne vraiment pas envie de regarder la vidéo 🙁

Il en est de même pour le dossier de presse. Commencer par « avant c’était comment ? » est une très mauvaise idée. Il aurait été préférable d’abord de décrire la solution innovante mise en avant puis d’en expliquer les avantages par rapport aux solutions existantes. Là encore, seule la vidéo permet réellement de se projeter dans le produit. Encore faut-il qu’on ait envie de cliquer dessus.

Pour penser votre rapport au journaliste, il faut imaginer qu’il est le voisin de palier que vous croisez le matin. Si vous avez quelque chose d’important à lui dire, vous n’allez pas commencer par disserter sur la météo ou sur les bonnes notes de votre petit dernier à l’école, non vous allez poliment mais directement lui faire passer le message qui vous semblait important (par exemple, le trop haut niveau sonore de sa télé la veille). C’est le même chose pour le journaliste, allez droit au but !

 

Mâchez au maximum le travail du journaliste

Depuis une vingtaine d’années, les conditions de travail des journalistes se sont détériorées. Autrement dit, on leur demande de produire davantage en moins de temps et pour de moindres rémunérations. Le journaliste est donc soumis à une forme de productivisme qui l’oblige à pondre un maximum d’articles dans les moindres délais possibles.
Votre but est donc de lui apporter une matière qu’il pourra presque reproduire telle quelle.
Evidemment, il s’agit d’abord de bien cibler les journalistes à qui vous adressez votre dossier (ou votre communiqué). Si vous distribuez des produits de beauté, inutile de contacter le spécialiste football du journal L’Equipe !
Mais une fois que vous aurez identifié les bonnes cibles, c’est bien la qualité de votre dossier de presse qui fera la différence (et j’en reviens au communiqué de Thales, voir en début d’article).

Les règles à respecter sont donc les suivantes :

  1. Un titre qui donne l’information principale
  2. Un ou deux premiers paragraphes qui détaillent cette information principale (les fameux Qui, Quoi, Quand, Où, Pourquoi).
  3. Des paragraphes suivants qui ouvrent sur des approches différentes, au cas où le journaliste voudrait creuser un point précis.

Dans la plupart des cas, et à condition de ne pas en faire trop (innovation « révolutionnaire » par exemple) ou d’utiliser des tournures de phrases trop complexes, le journaliste reprendra quasiment mot pour mot votre argumentaire.

Reste que le texte n’est pas tout. Il faut lui fournir de nombreux visuels (photos), ce qui est très simple maintenant que nous communiquons essentiellement par email, afin, évidemment, qu’il puisse illustrer son article.

Une vidéo (à condition que le texte donne envie de la regarder) est aussi un énorme plus dès lors que l’on s’adresse à des sites internet eux-mêmes de plus en plus influents alors que les médias traditionnels perdent à la fois en audience et en crédibilité.

D’autres sujets annexes peuvent également compléter le dossier de presse :

  • La naissance et l’évolution de l’entreprise
  • Ses succès passés
  • Le parcours atypique de son fondateur
  • L’anecdote (si elle est croustillante) de la gestation de telle ou telle idée
  • Ses projets, sa vision du futur

 

Bref tous types de sujets qui peuvent attiser la curiosité du journaliste pour creuser dans telle ou telle direction. Il ne les traitera peut-être pas de façon immédiate mais cela lui donnera l’idée d’éventuels futurs articles.

Enfin, il est essentiel que sur chaque page soient indiquées les coordonnées d’une personne à contacter, au cas le journaliste ait envie d’en savoir davantage.

 

 

Le site de l’AFP est un formidable modèle pour voir ce dont un journaliste a besoin : photos, vidéos, articles déjà rédigés, tout est là. Pensez que vous vous devez offrir la même qualité de services.
Si vous avez le temps, amusez-vous un jour à lire un article sur le site de l’AFP puis de chercher sur internet comment il a été traité par différents sites d’information. Vous verrez que, bien souvent, pas une virgule n’est modifiée.

Reste une idée qui fait souvent débat : doit-on « offrir » un cadeau au journaliste dans le but de « l’amadouer ». C’est une arme à double tranchant. De grandes firmes comme Apple ou Nintendo ont toujours eu tendance à offrir le matériel aux journalistes. Le prétexte est simple : leur donner l’occasion des tester eux-mêmes les produits. Mais en réalité le « cadeau » est plus pervers. Il place le journaliste dans une double position : celle de prescripteur et celle de redevable. Car oui, si le produit lui plait, alors il aura tendance à vouloir faire partager « son coup de foudre ». Et, dans le cas contraire, il aura tout de même du mal à dire du mal de la boite qui lui a fait ce joli cadeau.
Ce qu’il faut éviter, c’est le cadeau « gratuit », sans rapport à ce sur quoi vous voulez communiquer. Je ne dis pas que c’est toujours négatif mais ça le sera souvent, car certains journalistes n’aiment pas avoir l’impression de se faire graisser la patte.

 

Enfin… Quelques mots sur la présentation

Un seul mot d’ordre : sobriété.
Tout comme le style rédactionnel, la présentation doit être claire, nette, lisible, sans fioritures. Vous vouliez faire un joli fond de page en dégradé bleu pour donner l’image d’un ciel de printemps ? Oubliez. On n’a jamais fait mieux qu’un texte noir sur fond blanc, avec une police de caractères classique.
Mettre un mot en gras, an majuscule ou le grossir ou le souligner ne le rend pas plus important, seulement plus agressif.

Petite astuce : relisez toujours vos textes à voix haute. Cela vous permettra d’entendre les tournures de phrase qui ne fonctionnent pas, celles qui risquent d’être mal comprises, celles qui sont efficaces et celles qui ne le sont pas. Car c’est bien le texte qui prime et non pas la présentation. Le journaliste reprendra vos informations, pas la façon dont vous les aviez emballées.

 

Vous avez trouvé mes conseils utiles ? Inscrivez-vous à notre Newsletter Marketing.

Rejoignez également notre Groupe sur Facebook : La Dream Team des Super Entrepreneurs.



Vous aimez cet article ? Partagez-le !
  • 54
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    54
    Partages
Axel Belliard

Axel Belliard est diplômé d’une grande école de commerce et d’une école de journalisme. Il a été rédacteur en chef de plusieurs magasines spécialisés dans des secteurs comme les travaux publics ou les jeux vidéo. Il anime également des ateliers d’écriture.

3
Poster un Commentaire

avatar
2
1
0
 
3
TannabouteAxel Belliardmeys
  Subscribe  
Me notifier des
meys
Invité
meys

Bravo 😉

Prénom
jean-michel
Tannaboute
Invité
Tannaboute

C’est tout bonnement un de ces articles de blog que j’A-D-O-R-E … continue comme ça Axel à nous en pondre comme celui-ci , c’est le TOP du TOP, moi chteldit !

Prénom
Micka-il
error: Ce contenu est protégé !!